Une vie sans alcool

L’alcool est un fléau qu’il s’agit d’endiguer,
Et le tabac de même, l’affaire est sans appel
Depuis les ministères et les associations,
Partis en guerre ouverte contre les addictions.

Les pots sont désormais d’authentiques calvaires,
Et sans une petite bière on n’a plus l’occasion
De rire entre collègues rendus au diapason
Des objectifs de vente de la subdivision.

Les discours lénifiants d’un sous-chef de rayon
Inspirent aux équipiers leur considération,
Un peu comme s’ils faisaient partie de la maison
Alors qu’ils sont des pions et qu’ils le resteront.

Les soirées restaurant sont souvent l’occasion
Pour une graine de champion de fourguer sa leçon,
De contester la note lorsque vient l’addition,
Il n’a pas bu de vin, il a une tête de con.

Manger macrobiotique, on ne peut faire plus sain
Selon les promoteurs de menus sans saveur,
Le quinoa s’impose dans les buffets mondains,
Les people en raffolent, c’est dire si c’est bien !

Les néo-puritains nous bassinent à l’envi
Avec leur mode de vie et leurs instigations,
Comme si le quotidien n’était pas assez chiant,
On exige des gens leur entière adhésion.

Un courant hygiéniste venu d’outre-Atlantique
A propagé ses dogmes, ses tabous et ses règles ;
Et après on s’étonne que toute une jeunesse
Ferme les écoutilles à tout avertissement.

La morale en conserve a toujours existé,
Les faiseurs d’opinion se suivent et se ressemblent,
C’est devenu l’affaire d’une bande de réfractaires
De passer au travers des envies de sanction.

Avec un verre de vin tout redevient possible,
S’émanciper des règles d’un monde endolori,
Rehausser de couleurs ces temps qui virent au gris,
Sortir de sa galère comme l’ami Bukowski.

Jouer avec les mots, se plaire à rétablir
Un peu de poésie pour égayer nos vies,
Susciter en chacun l’envie de repartir
Pour plus de liberté, de joie et de désir ;

Je dédie ce poème à tous les peigne-culs.