Les Trois Visages de la vie

couv_trois_visagesL’article présent n’aura pas la prétention de balayer tous les thèmes exposés dans « Les Trois Visages de la vie », tant le travail est exhaustif sur les thèmes abordés tels que la physique, la systémique, la médecine, les traditions orientales, ou encore l’épistémologie des sciences. Dans son ouvrage – ainsi que sur son site qui prolonge sa réflexion -, Paul Meier a le soucis de dégager d’une part les bases communes de tous ces domaines de recherche, et d’autre part de replacer au centre de la réflexion le lien historique existant entre physique et métaphysique, entre sciences et tradition.

Paul Meier prend pour exemple le travail de René Descartes, dont ceux qui s’en revendiquent – les « cartésiens » – n’ont retenu qu’un aspect mineur, à savoir la démarche réductionniste du « Discours De la méthode » qui consiste à  « diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait, et qu’il serait requis pour les mieux résoudre ».

Or René Descartes n’était pas du tout de ce cartésianisme là, mais inscrit sa réflexion dans une tradition philosophique qui, par la suite, s’est en bonne partie perdue en Occident, et qui consiste à ne pas séparer abusivement et artificiellement sciences et philosophie, recherche scientifique et métaphysique. Voici ce qu’il écrit dans « Principes De la philosophie » en 1647 :

« Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines font la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.

    Or comme ce n’est pas des racines, ni du tronc des arbres, qu’on cueille les fruits, mais seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la principale utilité de la philosophie dépend de celles de ses parties qu’on ne peut apprendre que les dernières ».

C’est dans cette démarche que Paul Meier a décidé d’inscrire sa réflexion. Pour ce faire, le chercheur invite à la barre quelques-uns de ses contemporains s’inscrivant dans le même mouvement. On pourra notamment citer Ken Wilber, Fritjof Capra, Basarab Nicolescu, Ilya Prigogine, Michel Random… la liste est longue de ceux qui, dans une certaine indifférence de notre époque, défrichent le terrain de la révolution des paradigmes de la connaissance qui vient.

Paul Meier a un credo : Il ne s’agit en aucun cas d’inventer une nouvelle connaissance, comme on créerait une histoire pour faire un bon roman, mais de partir à la redécouverte de ce qui a longtemps fondé celle-ci, et que nous avons perdu de vue en Occident à force de réductionnisme. C’est dans la réappropriation de la tradition que nous pouvons retrouver ce qui fonde la connaissance. Ainsi, Michel Random, plusieurs fois cité par Paul Meier, définit la tradition comme suit :

Ce que nous entendons par tradition c’est essentiellement ce qui est permanent et stable à travers les lieux, les cultures et les religions. Il existe une science primordiale liée aux propriétés du vivant et à la « sagesse » de la nature, qui est le fondement de toutes connaissances. Chaque fois que cette tradition est altérée ou perdue, elle réapparaît sous différentes formes dans l’histoire des civilisations et de l’humanité.

Beaucoup des espoirs de Paul Meier quant à la possibilité de renouer avec la Tradition fondatrice de la connaissance tient au fait que l’homme possède en lui-même, de façon innée et héritée, l’interface cognitive lui permettant de refaire le chemin que les différentes traditions ont exploré, chacune à leur manière. En tant qu’être à l’image de ce qui a été crée, en tant que microcosme à l’image du macrocosme, en tant que fraction holographique de l’univers manifesté, l’homme possède, au plus profond de soi, cette capacité.

Ainsi, malgré les dérives de chaque traditions du fait que l’homme surcharge celles-ci au fil du temps de considérations anthropologiques ou contextuelles, les hommes auront toujours la capacité de discerner par la réflexion, l’observation et l’introspection, ce qui relève de l’universel de ce qui relève du circonstanciel. La tradition et la Tradition s’inscrivent dans un jeu dialectique, et le Sage authentique en est l’arbitre et le gardien.

La Trilogie universelle

Venons-en désormais à l’un des résultats remarquable des recherches de Paul Meier dans le domaine des sciences appliquées. Lorsque celui-ci compare les différentes traditions, selon les lieux et les époques, l’auteur met en évidence l’apparition récurrente d’une description ternaire du Manifesté. Ainsi, cette logique ternaire apparaît-elle chez Aristote dans l’Europe antique, Chez Lao Tseu dans la Chine antique, dans la religion chrétienne avec la Trinité, dans la tradition philosophique avec la dialectique etc.

Paul Meier se propose de réactualiser le ternaire dans la systémique contemporaine, à l’aide de son « Modèle d’Intégration Fonctionnel (MIF) ».

MIF_Paul_Meier
Le Modèle d’Intégration Fonctionnel de Paul Meier

Le MIF de Paul Meier offre un remarquable support de modélisation pour développer la réflexion scientifique sur les nouveaux fondements de la systémique. En guise d’illustration, Paul Meier décline son modèle sur un ensemble de domaines des sciences comme la physique, la médecine, la caractérologie, l’organisation sociale etc.

C’est du reste à la lumière de ce modèle que votre serviteur a nourri sa propre réflexion, m’amenant à qualifier la relation sociale comme « l’activité relationnelle [entre individus] dans un champ mimétique singulier ».

Il serait difficile d’en dire plus dans le seul cadre d’un article, sans prendre le risque de paraphraser l’auteur ou de réduire sa réflexion, et tous les aspects qu’elle illustre. Je ne peux qu’inviter chacun, qu’il soit chercheur, physicien, médecin, philosophe, ou simple curieux ; à consulter et creuser les travaux de Paul Meier, ils auront le privilège de la primauté d’accès à la révolution de la connaissance qui vient.

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